03 décembre 2021

Visites d'expositions

Cette année, les étudiants de VIA FERRATA ont rendez-vous avec Daphné Brottet tous les samedis dans plusieurs lieux d'expositions publics et privés en Ile-de-France. Chaque visite se déroule suivant les diverses configurations spatiales, temporelles, pratiques et spécifiques à ces derniers. Les étudiant.e.es, muni.e.s de leurs matériels de dessin, carnets de notes, appareils photographiques, téléphones, découvrent corporellement les œuvres d'art et leur mise en espace, leur cohabitation les unes avec les autres, les éléments scénographiques et tout ce qui constitue une situation d'exposition. Ainsi, durant toute une journée, les jeunes artistes explorent différents territoires esthétiques. 

 

Citoyen.ne.s avant tout, les étudiant.e.s regardent, observent, analysent les œuvres, les projets, les sites à partir de leur positionnement physique, de leur sensibilité et avec leurs connaissances. Ensemble, nous étudions l'architecture et ses conditions d'accès, considérons l'implantation géographique du site artistique, découvrons les choix curatoriaux des commissaires d'exposition ainsi que la programmation des événements qui accompagnent les projets. Durant notre parcours, nous prenons rapidement conscience du sol, de notre présence à l'espace et au temps. 

Entendu au sens entier du terme, ce sol prend toute son ampleur, sa dimension charnelle dès le passage du hall d'entrée vers les espaces d'exposition. Avec l'œuvre de Kader Attia, Traditional Repair, Immaterial Injury au Mac Val, ce sol en béton fissuré révèle la mobilité de la terre et des astres. Il devient une manifestation de la fragilité de la notion même de territoire qu'il soit artistique ou politique. Plus loin, dans l'exposition « Quelques bribes arrachées au vide qui se creuse », il constitue la partie visible d'une terre promise ou extorquée. Celle de l'artiste Taysir Batniji fait l'objet d'une vaste problématique exprimée à travers plusieurs médiums. L'une des pièces composant ce projet monographique posée à même le plancher de la salle dédiée aux projets curatoriaux temporaires, Le socle du monde (par exemple), ouvre la complexité, le désir de renversement, les questionnements philosophiques toujours renouvelés, en prise avec l'histoire de l'art. 

Poursuivant notre voyage initiatique au Musée national d'art moderne du Centre Pompidou, niveau 5, nous traversons Sectile de Christodoulos Panayiotou afin d'accéder aux collections modernes et contemporaines. Pavement de dalles en granit gris laissant apparaître des fragments de tags, signes d'une autre activité, ailleurs, cette œuvre quasi imperceptible par sa totale emprise du sol et sa situation dans les lieux, ne se soustrait pourtant pas à notre vision. Essence du lieu, démarche des spectateurs, source de la mobilité. Nous poussons l'expérimentation d'un espace « élargi » et, après notre lecture de Murs de peintures de Daniel Buren dans la salle Matisse du MAM de Paris, nous commençons à percevoir en quoi « l'art ne reproduit pas le visible, il rend visible ». (Paul Klee)

Le corps est à l'œuvre. En tant que regardeurs, il s'agit de prendre acte de ce plan horizontal auquel nous appartenons, de prendre conscience et connaissance des différentes propositions plastiques qui nous font face, qui se montrent en verticalité – tel un écran qui nous arrête ou que l'on traverse –. En tant qu'artiste, il est question de matérialiser les transformations qui s'opèrent en chacun.e lors de l'exploration collective des formes (et) de la matière. Il s'agit également « d'apprendre à voir les couleurs, d'acquérir un certain style de vision, un nouvel usage du corps » (Maurice Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception), à savoir : habiter le monde. Cette pratique de l'art par les visites d'expositions n'est pas seulement l'occasion de regarder précisément, avec attention et une certaine acuité ce qui apparaît et de comprendre comment cela paraît, c'est la liberté de saisir, depuis la place de plasticien.n.e, ce qui se lit en creux et ce qui nous lie au monde, de porter un regard oblique sur le sensible et d'œuvrer à son tour. Pendant ce travail à la croisée des chemins de la création artistique, toutes et tous investissent le lieu de la parole. 

Texte : Daphné Brottet



Photos : Coline Morel

 

Les étudiant.e.s des groupes A et B ont visité et travaillé les expositions suivantes :

• MACVAL 

Exposition monographique de Taysir Batniji, « Quelques bribes arrachées au vide qui se creuse » 

Exposition de la collection, Le vent se lève 

◦ Samedi 18 septembre 2021 

◦ Samedi 25 septembre 2021 

 

• MAM de Paris 

Salle Matisse 

Pierre Gaudibert, vers le musée du futur 

Dernières acquisitions 

Collections permanentes 

◦ Samedi 2 octobre 2021 

◦ Samedi 9 octobre 2021 

 

• Centre Pompidou 

Collection moderne 

Les petits papiers (dation Destribats) 

◦ Samedi 16 octobre 2021 

◦ Samedi 23 octobre 2021

25 novembre 2021

Workshop art olfactif / Givenchy parfums / Antoine Renard

 
 
Du 25 au 29 octobre, les élèves de VIA FERRATA ont participé à un workshop sur l’Art olfactif mené par Antoine Renard, artiste plasticien et doctorant SACRe/PSL aux beaux-arts de Paris. 
Cet atelier était organisé en partenariat avec notre mécène Givenchy Parfums. 
Un apparent paradoxe, générateur de découvertes, de recherches et de création, servait de fil conducteur à cette semaine : Peut-on donner une forme à ce qui, par essence, n’en a pas ? 
Entre temps de création, découverte de travaux d’artistes, ateliers olfactifs dispensés par les nez, parfumeurs, scientifiques des équipes Givenchy, ce workshop a été l’occasion pour nos étudiants de découvrir un univers nouveau, générateur d’inspiration. Les travaux réalisés au cours de cette semaine feront l’objet d’une exposition spécifique en fin d’année. 

Site Internet de Antoine Renard, représenté par la Galerie Obadia 

Site Internet de Givenchy parfums 


 
 
 
Photos : ©Hugo Aymar

25 octobre 2021

Land art en forêt de Fontainebleau

 
 
Un arbre est un édifice, une forêt est une cité et, entre toutes, 
la forêt de Fontainebleau est un monument.
Victor Hugo 


"Il y a un chemin que j'aime à suivre : il décrit un cercle, comme la forêt elle-même, en sorte qu'il ne va ni aux plaines, ni à la ville, il ne suit aucune indication ordinaire; il n'est ni dans les vallons, ni sur les hauteurs, il semble n'avoir point de fin. Il passe à travers tout et n'arrive à rien : je crois que j'y marcherais toute ma vie. Il s'agit de la forêt, ce lieu résumé de tous les sites imaginables du monde."
Anne Vallaeys, extrait de FONTAINEBLEAU La forêt des passions
 
© Hugo Aymar  


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