28 octobre 2016

Workshop avec France Hervé




























Du 24 au 28 octobre 2016, les étudiants de VIA FERRATA ont participé à un Worshop autour de la pratique de la performance, de la danse et du mouvement, animé par France Hervé, chorégraphe, danseuse, comédienne et plasticienne.


Ce Worshop s'est déroulé selon le programme suivant :

1er jour
Après un échauffement physique, les étudiants ont travaillé en duo sur des improvisations modeleur-modelé.
Puis par groupe de 5, ils ont exploré les possibilités de mouvement qu’offrent un objet ou un vêtement.


2ème jour
Reprise du travail sur le modeleur-modelé, en intégrant cette fois-ci les questions du regard et des expressions faciales. Les observateurs étaient libres de dessiner ou de  photographier ceux qui étaient en action.
Les étudiants ont ensuite fait appel aux souvenirs de leurs improvisations de la veille, et ont tenté de retranscrire un moment fort de celles-ci, sous forme de visuel, son, texture...


3ème jour
Les étudiants ont été répartis en 3 groupes.
Ils ont travaillé librement sur la représentation d'un monstre évoluant au sein de leur groupe, de ses déplacements, de ses mouvements. Puis ils ont présenté le résultat de leurs recherches aux autres en enchainant des séquences, sans contrainte narrative. Le seul impératif étant de maintenir le lien entre chaque membre d'un groupe dans l'espace.
 

4ème jour
Travail sur le corps percussion et résonateur de la voix, ainsi que sur la prise de conscience du corps comme étant un squelette parfaitement articulé.
Les étudiants se sont livrés à l’exercice qui consiste à transporter une bouteille d’eau sans en faire bouger la surface (exercice impossible, mais qui aide à maintenir la concentration et à s'oublier dans l'action afin d’accomplir la tâche le mieux possible).
Puis, toujours en collectif, ils ont travaillé sur une bascule d'espace, c'est à dire sur le moyen de créer ensemble un changement de dimension en faisant intervenir d'autres éléments solides (parois sur roulettes, panneaux, châssis, chaises...)
Enfin, ils se sont interrogés sur une version collective de La Vierge à l'enfant.


5ème jour 
Long échauffement en se replongeant dans tous les exercices physiques ou vocaux.
Puis chaque groupe a librement créé et présenté  un enchainement de quinze minutes, reprenant mouvements et actions mis en place pendant la semaine.



Photos : Anthony Micallef



Biographie de France Hervé
Formée d’abord à la danse classique, puis à la danse contemporaine au jazz et au bharata natyam en France et à l’étranger, France Hervé a un parcours pluridisciplinaire. En parallèle de sa formation en danse, elle suit des études de scénographie à la Sorbonne et des cours du soir à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris. Elle se forme également au théâtre grâce à l’enseignement de JC Rousseau, C.Skorupsky, V.Chelemny et Y.Carlevaris, et  intègre aussi des formations et des stages notamment au Théâtre du Soleil, à l’école du Roy Hart, et au Panthéâtre. France Hervé participe ensuite à une grande variété de création en danse (entre autres pour Redha, A.Dreyfus, Ô ma belle embardées, K.Ouali, B.Agati et M.Van Hoecke). Elle pratique la technique de la suspension avec les Elastonautes et participe au ballet aérien de Philippe Découflé. Elle participe également à l’inauguration des JO d’Alberville et réalise les chorégraphies du groupe Urban Sax lors de leurs tournées internationales et de leurs venues dans des évènements tels que l’ouverture de l’Eurotunnel, l’exposition universelle de Séville ou la réouverture de l’Opéra de Rouen.

Suite de la biographie de France Hervé sur son site Internet en cliquant ici.
 

26 octobre 2016

Zoom sur Anthony Micallef, le photographe de VIA FERRATA

  Les enfants de l'Himalaya  ©Anthony Micallef

Tout au long de l'année, Anthony Micallef suit la première promotion de VIA FERRATA. Il rend compte de l'actualité de la classe préparatoire et capture également les recherches, les découvertes et l'évolution des 20 étudiants.
 
" Photojournaliste, je travaille pour la presse quotidienne et nationale (La Croix, Libération, Le Parisien magazine, Néon, Phosphore, Ca m'intéresse, Pèlerin magazine...). Je suis membre de l'agence Haytham Pictures et du collectif de journalistes Youpress. 

La photographie est pour moi une manière de témoigner de l'intérieur, d'immerger le lecteur dans la vie d'une personne, d'un groupe, tout en tendant soi-même à disparaître. J'aime travailler sur la durée et la "marge" est l'un des thèmes qui m'attire. Dans une société où l'on est tous poussés à l'imitation, l'individu ou le groupe qui s'éloigne et se distingue me fascine. Que la norme soit vestimentaire, politique, corporelle, religieuse, morale et que l'éloignement soit choisi ou pas, je cherche à comprendre les raisons qui poussent ces gens à se singulariser. J'ai travaillé notamment sur les parieurs de Vincennes, sur les jeunes militants du Front national en France, sur un sosie d'Elvis Presley, sur une école d'enfants tibétains en exil et sur une jeune femme kurde très pratiquante, mais refusant de porter le voile. J'aime raconter les gens et vivre d'autres vies que la mienne."

Le site Internet de Anthony Micallef en cliquant ici.

  
  Perfume ©Anthony Micallef


 
  Réveillons aux urgences ©Anthony Micallef
  

19 octobre 2016

Conférence de Didier Semin : "Grenouillages"

J.J Grandville, Le Magasin pittoresque, tome XII, Paris,  1844 

Les étudiants de VIA FERRATA ont assisté à la première intervention de Didier Semin programmée pour la classe préparatoire cette année.

Didier Semin est historien de l'art, il enseigne aux Beaux-Arts de Paris depuis 1999 et en dirige le département des études depuis 2015. Il est l'auteur de nombreuses publications et a été entre autre, conservateur au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris et au Centre Pompidou.


Cette conférence avait pour thème Grenouillages. Brisset, Goya, Lavater, d'après son texte paru à L’Échoppe, Paris, en 2007 et dont voici un extrait :

   " À la télévision, un soir, un reportage sur le service pédiatrique d'un grand hôpital parisien. On y recevait des enfants victimes de violences, bouts dechou disposant à peine des armes du langage : pour faciliter le dialogue et les explications, les infirmières leur faisaient mimer les sévices endurés à l'aide d'une peluche prénommée Jojo - pas une poupée, pas un ours, mais une grenouille en peluche. Malgré la tristesse de vérifier une nouvelle fois l'étendue des ignominies dont mes semblables ont le secret, je me fis la réflexion que le choix de cette grenouille, comme auxiliaire médical, était d'une admirable finesse.
Du strict point de vue de l'anatomie, une poupée aurait en effet rempli le même office. Mais les enfants se seraient trop facilement identifiés à une figurine réaliste, revivant au travers de la poupée une violente répétition des traumatismes subis.
L'épreuve eût sans doute été pire encore avec un classique Teddy Bear, à cause de la charge émotionnelle qui s'attache électivement à ce jouet. À preuve, la propension des artistes d'aujourd'hui à jouer sur l’impact affectif d'ours en peluche éventrés ou malmenés : du travail d’Annette Messager à celui de Mac Carthy, on ne les compte plus ... Dans la désormais célèbre collection d’Ydessa Hendeles à Toronto, on trouve, au côté d'œuvres de Christian Boltanski ou de Jenny Holzer, des milliers de photographies d’amateurs montrant des ours en peluche dans des situations insolites ou scabreuses : en compagnie d’une prostituée, sous la hache d’un bûcheron, sur une table d’opération  - l’image la plus forte étant sans doute celle d'une fillette qui tient en respect son ourson favori avec un fusil de chasse. Les lecteurs d'Hergé savent, quant à eux, qu'un des rares spectacles capables de tirer des larmes au capitaine Haddock est celui, dans Tintin au Tibet, de l’ourson mutilé que Tintin retire de l'épave d'un avion ("Vous n'auriez pas pu découvrir quelque chose d'autre, non?...").
 
Ni ours ni poupée ne représentaient donc l'outil idéal. On aurait pu imaginer qu'infirmières et médecins se tournent vers une peluche moins anthropomorphe - pingouin, girafe ou éléphant. Mais renoncer aux correspondances anatomiques, c’eût été perdre la raison d’être même du procédé, destiné à appuyer les récits et les descriptions des enfants. De sorte que le choix de la grenouille, d'une certaine façon, s'imposait. L’animal est peut-être, dans sa version de peluche mais pas seulement, l'exemple parfait de ce que Winnicott appelle un objet transitionnel  : suffisamment étranger à l'enfant pour qu'il le perçoive comme extérieur à lui, mais suffisamment proche pour qu'il s’y reconnaisse, transition parfaite entre un moi vulnérable et un monde hostile. 

La grenouille est en effet, de tous les non-mammifères, certainement la bête qui nous ressemble le plus. Dans l'ordre de l'évolution, elle est très loin de nous ; c'est un animal à sang froid, cousin du serpent par ce trait, et un animal à demi aquatique, qui partage l'habitat des poissons. On abomine le serpent, et l'on s'identifie peu au poisson, pour cette raison peut-être que son milieu le prive de cette promesse de visage qu'on voit souvent aux animaux terrestres dotés d'un souffle. Comme l’explique joliment Darwin : 

 Si l’homme avait respiré dans l’eau à l’aide de branchies extérieures - qu’on nous passe l’étrangeté d’une telle supposition - au lieu d’inspirer l’air par la bouche et par les narines, ses traits n’auraient pas plus exprimé ses sentiments que ne le font ses mains ou ses membres." 



18 octobre 2016

Visite de l'exposition FELICITÀ




Les étudiants de VIA FERRATA ont visité aujourd'hui l'exposition FELICITÀ qui présente les travaux des jeunes artistes ayant obtenu le diplôme national supérieur d’arts plastiques (Dnsap) avec les félicitations du jury aux Beaux-Arts de Paris.
La visite de l'exposition a été mené par Thierry Leviez et Armelle Pradalier, respectivement Responsable de la programmation artistique et Responsable des expositions de l'École.


Photos : Aurélien Mole

Exposition du Du 18 octobre 2016 au 20 novembre 2016


Commissariat collectif : 
Alexia Fabre , directrice du MAC/VAL
Jean-Luc Blanc, artiste
Jean-Charles Massera, artiste et auteur
Morgane Tschiember, artiste et ancienne diplômée des Beaux-Arts de Paris

Avec :
Bianca Argimon, Daniel Assayag, Benoit Aubard, Hugo Avigo, Alex Ayed, Laure Barillé, Pierre Bellot, Johanna Benaïnous, Jade Boyeldieu d’Auvigny-Glais, Jeanne Briand, Olivier Cheval, Nicolas Courgeon, Paul Créange, Filippa Cruz, Bady Dalloul, Joël Degbo, Paul Desmazières, Alexander Duke, Raphaël Fabre, Shanel  Gwane Engoue, Léonard Martin, Florian Mermin, Enzo Mianes, Hélène Mourrier, Valentin Muller, Julia Pitaud, Camille Raimbault, Nøne Futbol Club, Clémence Roudil, Loup Sarion, Christelle Tea, Guillaume Valenti, Manuel Vieillot.

Informations pratiques sur le site des Beaux-Arts de Paris en cliquant ici.

 

12 octobre 2016

Article paru sur Le Parisien.fr

Saint-Ouen. Aurélie et Angélique font partie de la première promo de la prépa des Beaux-Arts de Paris et suivent la plupart de leurs cours dans son antenne de Saint-Ouen. LP/N.P.

Les Beaux-Arts ouvrent une classe prépa à Saint-Ouen.

Elles ne se départent plus de leur beau sourire. A croire qu’elles sont sur un nuage ! Depuis septembre, Aurélie et Angélique font partie de la première promo de la prépa des Beaux-Arts de Paris, qui est installée dans son antenne à Saint-Ouen. Tout en découpant au cutter leurs dessins, elles racontent : « C’est trop bien ! Je ne me suis jamais autant éclaté en classe. J’ai même plaisir à faire mes devoirs ! », éclate de rire Aurélie, jolie blonde de 18 ans.

Dans le privé, c’est 7000 € l’année.
A ses côtés, Angélique, la brune, approuve : « On est super chouchouté ici. On a plein de matériel, des crayons, des peintures, des feuilles… On a aussi l’élite des profs des Beaux-Arts. C’est fabuleux. » Comme elles, dix-huit élèves bénéficient de ce dispositif mis en place par la prestigieuse école des Beaux-Arts de Paris.
« Jusqu’à présent, sur toute l’Ile-de-France, il n’y avait que quatre prépas non privés, ce n’était pas suffisant, explique-t-on aux Beaux-Arts de Paris. Les prépas privés coûtent très cher, de l’ordre de 7 000 € l’année. Avec cette prépa que nous avons appelée Via Ferrata, nous voulons accueillir des étudiants qui représentent la diversité culturelle et sociale de l’Ile-de-France. »

« Pour moi, c’est une vraie chance. »
A l’issue d’un appel à candidature lancé en mai 2016, 122 candidats ont déposé un dossier : 53 ont été déclarés admissibles et 20 ont finalement été sélectionnés, 15 sont boursiers et la parité est respectée avec dix hommes et dix femmes. Concrètement, les 35 heures de cours hebdomadaire se répartissent entre pratique et théorie, à Saint-Ouen, rue des Rosiers, au cœur des Puces ou sur le site historique de la rue Bonaparte à Paris.
A l’issue de cette année de prépa, les élèves pourront postuler aux Beaux-arts bien sûr, mais pas seulement. Certains visent ainsi l’école Estiennes (Ecole supérieure des arts et industries graphiques) ou l’école de design Boulle. Willy, 20 ans, rêve, lui, des Beaux-Arts. « Je veux être plasticien. L’an dernier, j’ai tenté le concours, mais seul, c’est très dur d’être pris. Grâce à cette prépa, j’ai un an pour me préparer, compléter mes connaissances théoriques, développer ma pratique… ». Boursier, Willy n’aurait jamais pu s’offrir une prépa privée. «Ici, je paie quelques euros l’année ! Pour moi, cette prépa, c’est une vraie chance. »  
Texte : Nathalie Perrier

Retrouvez l'article sur Le Parisien en cliquant ici.

04 octobre 2016

Rencontre avec Anne-Flore Cabanis




























©ADAGP - photo: AFC

" Après une formation préparatoire avec l'artiste Annette Huster, Anne-Flore Cabanis a suivi les ateliers des artistes Bernard Piffaretti, Sylvie Fanchon, Dominique Figarella (atelier P2F) et Philippe Cognée à l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris dont elle sort diplômée en 2007.


Depuis 2001 elle dessine un tracé aléatoire au stylo sur papier. Cette écriture obéit à des règles simples : une ligne dessinée à main levée qui ne se croise pas et dont les angles sont toujours des angles droits. Le résultat est organique et suspend l’attention dans un flottement introspectif. Après l'expérience d'un voyage d'étude au Brésil en 2005, elle traduit ce langage dans l'espace en lui faisant prendre différentes formes : performances, pièces sonores, collages in situ au ruban adhésif et installations en volume de lignes tendues.
Les interventions in situ d'Anne-Flore Cabanis jouent avec l’architecture de lieux privés ou publics. En rompant un silence visuel, elles révèlent la présence de mouvements invisibles choisis. L'artiste crée des apparitions et disparitions de lignes et de couleurs qui ouvrent une lecture, donnent une direction, proposent un moment de réflexion sur la circulation des corps, du regard ou de la pensée. Elle a fait son premier collage in situ au ruban adhésif lors d'une exposition dans le Terminal 5 de l'aéroport JFK à New York en 2004.
Ses projets l'ont récemment amenée à intervenir au CENTQUATRE-PARIS, dans le quartier d'Ixelles à Bruxelles en Belgique, dans un collège d'Aubervilliers (93), à la gare de Metz, à la Filature (scène nationale de Mulhouse) et à l'étranger dans la ville de Taipei, Taïwan. "

Le site Internet de Anne-Fore Cabanis en cliquant ici.