29 novembre 2016

Rencontre avec Julien Prévieux

 Patterns of Life Vidéo HD / 2K, son, 15’30’’, 2015


Julien Prévieux est né en 1974 à Grenoble. Il vit et travaille à Paris.
Lauréat du prix Marcel Duchamp 2014. 
Représenté par la galerie Jousse Entreprise (Paris).


Le travail, le management, l’économie, la politique, les dispositifs de contrôle, les technologies de pointe, l’industrie culturelle sont autant de « mondes » dans lesquels s’immisce la pratique de Julien Prévieux. A l’instar des lettres de non-motivation qu’il adresse régulièrement depuis 2000 à des employeurs en réponse à des annonces consultées dans la presse, détaillant les motivations qui le poussent à ne pas postuler, ses œuvres s’approprient souvent le vocabulaire, les mécanismes et modes opératoires des secteurs d’activité qu’elles investissent pour mieux en mettre à jour les dogmes, les dérives et, in fine, la vacuité. Adoptant sciemment la posture de l’individu confronté à des pans entiers de la société qui, à bien des égards, se retrouvent déshumanisés, Julien Prévieux développe une stratégie de la contre- productivité, ou de ce que le philosophe Elie During nommait, dans un récent texte sur sa pratique, le « contre-emploi ».
Texte : Christophe Gallois



 

Today is Great
Série de 10 dessins, Encre de Chine sur papier, 40 x 56 cm, 2014

Le site Internet de Julien Prévieux en cliquant sur ce lien. 

Julien Prévieux présente son travail aux étudiants de VIA FERRATA  ©Anthony Micallef
 

18 novembre 2016

Visite du Palais de Tokyo et du Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris

Carte blanche à Tino Sehgal, Palais de Tokyo, 2016

Les étudiants de VIA FERRATA ont visité aujourd'hui le Palais de Tokyo et le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris. Ces visites ont été organisées et menées par Daphné Brottet, conférencière.

"Le Palais de Tokyo est le plus grand centre de création contemporaine en Europe, et un espace d’expositions unique en son genre.
Friche rebelle aux allures de Palais, anti-musée en métamorphose permanente, le Palais de Tokyo tient Paris en éveil depuis 2002. À la fois accessible et exigeant, généreux et pointu, chaleureux et radical, poétique et transgressif, il est un territoire d’apprentissage, d’expériences, d’émotions et de vie ; un territoire d’où jaillit l’inattendu.
Porté par la volonté de changer notre vision de l’art, le Palais de Tokyo nous invite à devenir les témoins des audaces de notre époque et à vivre l’expérience de l’art en train de se faire, sous toutes ses formes."

Le site Internet du Palais de Tokyo en cliquant ici.


Vue de l'exposition Carl Andre: Sculpture as place, 1958-2010 au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris, 2016. Pierre Antoine © ADAGP, Paris, 2016 

"Situé entre les Champs-Elysées et la Tour Eiffel, le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, palais emblématique exceptionnel de l’architecture des années 30, est sans conteste l’un des établissements phares du champ culturel parisien. Il est aussi par sa collection, riche de plus de 10 000 œuvres, l’un des plus grands musées d’art moderne et contemporain de France.
Ses collections permanentes présentent les grands courants artistiques allant du XXème siècle à la scène actuelle, illustrés par des artistes majeurs de l’histoire de l’art : Picasso, Dufy, Modigliani, Derain, Picabia, Chagall, mais aussi Boltanski, Parreno et Peter Doig. Le musée dispose d’œuvres in situ exceptionnelles comme la première version inachevée de La Danse de Matisse ou La Fée électricité, chef d’œuvre monumental de Raoul Dufy."


Le site Internet du Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris en cliquant ici.



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17 novembre 2016

Article paru sur Le Monde.fr

 
©Jean-Pierre Dalbéra/Creative Commons



Avec leur prépa, les Beaux-Arts ouvrent plus grand leurs portes


La prestigieuse école parisienne a lancé en septembre le programme gratuit VIA FERRATA. Elle espère ainsi diversifier son recrutement.


En ce lundi de novembre, dans un vaste local lumineux et haut de plafond de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), Willy, Lassana, Annabelle et les autres planchent sur leurs créations. Ces 20 étudiants forment la première promotion de la prépa publique lancée en septembre par les Beaux-Arts de Paris. Jusqu’en juin 2017, ils suivront des enseignements répartis entre l’antenne de Saint-Ouen, où ont notamment lieu les cours de pratique artistique, et le site his­torique parisien de la rue Bonaparte, où ils profitent des ressources documentaires, des expositions et assistent à des cours théoriques. Objectif : décrocher le concours des Beaux-Arts, à Paris ou en province, ou celui d’autres écoles d’art, comme les Gobelins ou les Arts déco.

Jusqu’à 12 000 euros pour une prépa privée

Les Beaux-Arts de Paris souhaitent, par cette initiative financée par le ministère de la culture et la Fondation SNCF, donner une chance à des artistes en herbe qui n’auraient pas les moyens de ­s’offrir une prépa privée. Chaque année, l’école sélectionne près de 140 recrues parmi les 2 000 can­didats présentant le prestigieux concours. « Le niveau est très exigeant et il n’existe que cinq prépas publiques pour toute l’Ile-de-France, du coup, beaucoup passent par des formations privées, qui coûtent entre 7 000 et 12 000 euros par an ! C’est une première sélection par l’argent contre laquelle nous avons souhaité lutter », ex­plique Jean-Marc Bustamante, ­directeur des Beaux-Arts.

L’institution cherche également à introduire davantage de diversité sociale dans ses rangs, en allant chercher des jeunes issus de milieux plus modestes, alors que 1 % seulement des admis en 2015 ont un parent ouvrier. « Attention, nous ne faisons pas de discrimination positive, le premier critère de sélection, c’est le talent artistique », insiste néanmoins Luc Chopplet, responsable de la prépa.

Sur 122 candidatures reçues, 20 ont été retenues : 10 garçons et 10 filles, dont 15 boursiers, en partie ou totalement exonérés de frais d’inscription – autour de 450 euros. Les critères d’admission ? Avoir entre 17 et 23 ans et être titulaire du bac ou d’un diplôme équivalent au moment de l’inscription définitive, bien que des dérogations soient possibles.

« Produire et expérimenter »
 
C’est ainsi que Lassana, 21 ans, a pu être sélectionné. Titulaire d’un CAP signalétique, enseigne et décors obtenu en 2012, il enchaînait depuis les petits boulots, tout en continuant à pratiquer le street art, une passion depuis l’adolescence. « Je voulais me former sur le plan artistique, sans trop savoir comment m’y prendre ; j’ai suivi quelques cours aux Beaux-Arts l’an dernier, puis j’ai présenté un dossier pour cette prépa, et j’ai été pris », s’enthousiasme le jeune homme, originaire de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne). « Ici, on a la possibilité de produire et d’expérimenter tout ce qu’on veut », explique-t-il en désignant l’une de ses réalisations – une série de dessins de corps, au fusain, accrochés au mur blanc.

« Tout au long de l’année, on prépare le dossier artistique que l’on présentera aux concours, on apprend à le rendre cohérent et à parler de notre travail en vue de l’oral », détaille son camarade Willy, 20 ans, qui vient du lycée autogéré de Paris. Luc Chopplet vise le carton plein : « Tous doivent décrocher une école à l’issue de la prépa. » Résultat en juin 2017.

Texte : Françoise Marmouyet

Retrouvez l'article sur Le Monde en cliquant ici.

16 novembre 2016

Conférence de Didier Semin : "Dirigeables"

Léon Gimpel, Le Dirigeable Ville de Bruxelles en cours de gonflement à Issy-les-Moulineaux, 22 mai 1910.

Les étudiants de VIA FERRATA ont assisté à la deuxième intervention de Didier Semin programmée pour la classe préparatoire cette année.

Didier Semin est historien de l'art, il enseigne aux Beaux-Arts de Paris depuis 1999 et en dirige le département des études depuis 2015. Il est l'auteur de nombreuses publications et a été entre autres, conservateur au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris et au Centre Pompidou.

Cette conférence avait pour thème Dirigeables, une invention sans avenir d'après son texte à paraître prochainement et dont voici un extrait :

   "En 1910, la légende des dirigeables commençait tout juste de s’écrire. Après les expériences d’Henri Giffard, au début des années 1850, Charles Renard en avait fait voler un prototype à Meudon, en 1884, avant de se faire brûler la politesse par Santos Dumont qui relia Saint Cloud à la Tour Eiffel en 1901, aux commandes d’un ballon du même genre - Renard avait, semble-t-il, négligé la presse  et les vols à sensation susceptibles de mobiliser ce qu’on n’appelait pas encore l’opinion publique ; mais c’est le comte Ferdinand von Zeppelin, avec ses engins à coque rigide, qui devait gagner la partie au terme de nombreux survols du lac de Constance, et faire de son nom propre un nom commun, devenu plus ou moins synonyme de « dirigeable », dans le vocabulaire courant. Nul n’avait cependant la moindre idée, en 1910, du temps que vivrait cette invention ; tout au plus lui prévoyait-on davantage de longévité qu’à une autre innovation, strictement contemporaine, le cinématographe, que les frères Lumière eux-mêmes avaient jugé « sans avenir ». Du premier vol commercial du Deutschland, le 28 juin 1910, à la spectaculaire explosion du Hindenburg le 6 mai 1937 à Lakehurst, dans le New Jersey, l’aventure du dirigeable ne durerait pas trente ans.
Un dirigeable est un objet doublement imposant : par sa dimension (il faut un volume considérable d’hydrogène ou d’hélium pour soulever, en plus du poids de l’appareil, des charges relativement modestes) et par sa forme, oblongue, que tout un chacun ne manquera pas de désigner, dans les termes de la vulgate freudienne, comme phallique. L’idée, il faut le reconnaître, est difficile à éviter. Une spectaculaire photographie de Léon Gimpel, datée de mai 1910, nous montre Le Dirigeable Ville de Bruxelles en cours de gonflement à Issy-les-Moulineaux.

Sur ce modèle – un appareil semi-rigide, successeur immédiat du Belgique II dessiné par Spilliaert – les stabilisateurs ne sont pas des ailerons, mais des boudins gonflables greffés à l’arrière de l’aéronef, qu’il faut une singulière dose de mauvaise foi pour ne pas identifier immédiatement comme une gigantesque paire de couilles (d’autant que la masse du dirigeable entier enfle dans l’accueillante obscurité d’un hangar). 

L’image est connue. Elle a servi pour l’affiche de la belle exposition Gimpel au musée d’Orsay, en 2008, et tire sa force de ce que le Ville de Bruxelles semble avoir ici élevé au rang de monument une forme bien peu faite pour cet honneur, qu’elle nous inspire un trouble sensuel ou un sentiment de franche rigolade. D’un appareil presque identique, et dans une situation similaire, Spilliaert avait tiré quelques semaines auparavant des images plus apparentées au cauchemar qu’au rêve érotique. L’allusion sexuelle y est également présente, elle est même si crue qu’il est exclu de la regarder comme accidentelle. Mais sous le crayon de Spilliaert la forme obscène inspire l’effroi et non des réflexions grivoises – ou plus exactement un effroi qui l’emporte de loin sur la grivoiserie, et donne une remarquable indication des qualités visionnaires de l’artiste, même lorsqu’il s’appliquait à traiter un sujet qu’il n’avait pas choisi.
Il avait perçu ce que la forme oblongue pouvait avoir d’étrangement inquiétant, au delà d’une équivoque amusante mais attendue (et qui alimentait déjà les plaisanteries de comptoir ; on connaît les très modestes rimes d’Apollinaire sur le sujet  : "Et prends bien garde aux Zeppelins/Aux Zeppelins de toute sorte/Ceux des Boches sont pas malins/Ceux des Français sont bien plus pleins/Et prends bien garde aux Zeppelins/Chaque officier en porte"). Sans doute les psychanalystes se contenteraient-ils d’évoquer un rapport ambivalent à la puissance et à l’autorité incarnée par un symbole phallique géant, pour expliquer la fascination exercée par la seconde génération des plus légers que l’air. Mais on ne peut s’empêcher de penser, en observant les dessins de Spilliaert en 1910, et les innombrables photographies de dirigeables prises durant les trois décennies qu’a duré ensuite leur vraie carrière, que les ressorts de l’affaire sont plus complexes."

15 novembre 2016

Rencontre avec Joël Degbo

   Adam & Eve, 2015. Huile sur toile. 190 x 170 cm © Galerie Catherine Houdard


Joël Degbo (né en 1989), vit et travaille à Paris.
Diplômé des Beaux-Arts de Nantes en 2013 et Diplômé des Beaux-Arts de Paris en 2015, avec les Félicitations du jury. Il y a étudié dans l’atelier de Djamel Tatah.
 
"La mort d’un espace.
J’ai grandi dans un environnement où le paysage architectural était hybride. Il m’a fallu le quitter quelques années pour que je m’en rende compte. Ces espaces mourants sont tout simplement abandonnés, squattés, réhabilités, remis en question puis détruits pour laisser place à de nouvelles architectures. C’est dans cette atmosphère que je me suis construit, dans des espaces constamment remis en question."






Square Pasteur, 2014. Huile sur toile 280 x 180 cm
© Galerie Catherine Houdard

10 novembre 2016

09 novembre 2016

Visite de l'exposition POMPÉI

   François Wilbrod Chabrol (Paris, 1835 - 1919)
  
Les étudiants de VIA FERRATA ont visité aujourd'hui l'exposition POMPÉI au Cabinet des dessins Jean Bonna. Cet espace, dédié à la présentation d'oeuvres originales détenues dans la collection des Beaux-Arts de Paris accueille chaque année plusieurs expositions. La visite de l'exposition POMPÉI a été organisée et menée par Gabriel Battala, historien de l'art.

"Trente-cinq ans après l’exposition Pompéi, travaux et envois des architectes français au XIXe siècle présentés aux Beaux-Arts de Paris, quai Malaquais, l’institution dévoile une nouvelle sélection de feuilles pompéiennes de sa collection.
Au travers d’une cinquantaine d’œuvres d’architectes mais aussi de peintres et de graveurs, l’exposition montre comment tout au long du XIXe siècle, Pompéi est devenue une destination incontournable pour la formation des artistes français.
En dehors de l’indéniable intérêt archéologique des feuilles présentées, qui rendent parfois compte de décors muraux ou de fresques aujourd’hui totalement disparues, la préparation de l’exposition a permis de renouveler les recherches en cours dans ce domaine, à l’heure où le gouvernement italien a lancé son vaste plan de Grand Projet Pompéi pour reprendre des restaurations et des fouilles sur le site. La richesse du fonds des Beaux-Arts de Paris est immense et celui-ci reste encore en grande partie inédit : les beaux ensembles des graveurs Gaillard et Gusman sont exposés pour la première fois, sans parler des œuvres du peintre d’architectures Jean-Charles Geslin et de l’architecte Achille Joyau, acquises au cours des années 1990."
 
Félix Duban (Paris 1797 - Bordeaux 1870)                                       Claude-Ferdinand Gaillard   (Paris 1834-1887)


Exposition du 5 octobre 2016 au 13 janvier 2017

Commissariat : Emmanuelle Brugerolles  
Publication : Carnet d’Etudes n° 38 Textes d’Hélène Dessales, Maria Teresa Arrozoli-Clémentel, Emmanuelle Brugerolles et Gabriel Batalla-Lagleyre   
Chef du département du développement scientifique et culturel : Kathy Alliou 
Responsable du service des collections : Anne-Marie Garcia


Suite du texte de présentation et informations pratiques sur le site des Beaux-Arts de Paris en cliquant ici.
                                                    

07 novembre 2016

Zoom sur le travail d'un étudiant : David Mbuyi



Régulièrement nous mettons l'accent sur le travail, en cours de réflexion et de réalisation, de l'un des étudiants de VIA FERRATA. 

Aujourd'hui : David Mbuyi

"Mon projet est de mettre en scène, de représenter des personnes en train de travailler, de montrer leur geste. 
Ma première série montre des étudiants et je pense ouvrir mes recherches à d’autres types d’activité par la suite.

Ces trois tableaux montrent des gens de mon entourage, en l’occurrence d’autres étudiants de la classe préparatoire, que je caractérise par leur façon de travailler, et dans un moment particulier : celui de concevoir des projets artistiques en vue des concours que nous préparons.
Certains d'entre eux ont réussi à se trouver un espace dans l'atelier pour y produire. L’idée de mon projet est également de les suivre dans leur processus créatif. Essayer de comprendre et de représenter leur comportement et leur attitude pendant qu'ils travaillent, de saisir ce qui motive leurs gestes. Mon but est de mettre en avant l'artiste lui-même et l’espace dans lequel il produit, sans que son œuvre soit forcément prise en considération."