13 janvier 2017

Visite de la Cité de la musique - Philarmonie de Paris



Les étudiants de VIA FERRATA ont visité aujourd'hui les deux expositions temporaires (-MMM- et Ludwig van, le mythe de Beethoven) de la Cité de la musique - Philarmonie de Paris. Cette visite a été organisée et menée par Daphné Brottet, conférencière.


La Cité de la musique imaginée par Christian de Portzamparc (1984-1995) déploie plusieurs espaces pour le public et les professionnels : une salle de concert conçue en collaboration avec Pierre Boulez, un amphithéâtre, des studios d'expérimentations et de productions, un musée (l'un des plus conséquent en Europe), et une médiathèque. 
La Philharmonie de Paris, créée par Jean Nouvel, vient compléter la proposition artistique et pédagogique de la Cité de la musique depuis 2015. Ce Bâtiment, en hommage à l'architecte Claude Parent (et la fonction oblique), abrite la « Grande salle de concert – Pierre Boulez » - ainsi nommée depuis le décès de ce dernier en 2016, conçue par Jean Nouvel et Brigitte Métra, en collaboration notamment avec l'acousticien Yasuhisa Toyota -, des salles de répétition, des espaces pédagogiques, une salle de conférence, un café, un restaurant pour une vue panoramique et un vaste espace consacré aux expositions temporaires au rez-de-chaussée. Ce haut lieu de toutes les musiques reçoit de nombreuses formations nationales et internationales. Situé dans l'Est parisien (Porte de Pantin) sur le Parc de la Villette (élaboré par l'urbaniste-architecte Bernard Tschumi), les deux bâtiments de la Cité de la musique - Philarmonie de Paris permettent de «repenser la place du concert dans nos vies», la découverte et l'exploration de divers projets pluridisciplinaires à partir de l'univers large de la musique et des créations sonores.

Ainsi, les étudiants de VIA FERRATA ont découvert le projet -MMM-, une expérience artistique menée par Matthieu Chedid et Martin Parr depuis 2015 grâce aux Rencontres d'Arles (Festival annuel et estival consacré à la photographie internationale). En effet, après une première expérience dans la Chapelle des Frères-Prêcheurs à Arles durant l'été 2015, cette deuxième édition s'appréhende dans l'espace d'exposition du bâtiment de la Cité de la musique. L'ambiance studio du projet permet une perception précise de la création musicale de l'artiste français Matthieu Chedid réalisée spécifiquement et à partir des 500 photographies de Martin Parr sélectionnées par le photographe lui-même et Sam Stourdzé (commissaire de l'exposition et directeur des Rencontres d'Arles). Par un jeu de multi-pistes et grâce à la collaboration de Pierre Boscheron, la création sonore - pensée comme un agencement de différents climats - se déplie durant le parcours du visiteur, au rythme des séquences visuelles exposées sous plusieurs formes et formats (diaporamas, tirages papiers noir&blanc et couleurs, posters, tissus sur des transats, un papier peint). Le choix des photos fait fi de la chronologie afin d'entrer directement dans les préoccupations de Martin Parr : le quotidien, l'usage des lieux de tourisme et de culture, la poésie émergeant du banal, le potentiel narratif malgré la trivialité de notre société de consommation. Avec un grand sens de l'humour, l'artiste anglais propose une photographie critique et vernaculaire digne du Pop'art.
Pour -MMM- (Matthieu Chedid Meets Martin Parr) l'auteur/compositeur s'associe avec le photographe pour un projet dialogique inédit : une rétrospective non conventionnelle de l'Œuvre de Martin Parr (1970-2015) dans une ambiance sonore mêlant le réel et l'onirique, les micro-récits et le cadavre exquis, le repos et la turbulence.


Après cette immersion dans la création visuelle et sonore, corporelle et sensitive de -MMM- les étudiants ont découvert l'exposition Ludwig van. Le mythe de Beethoven dans le bâtiment de Jean Nouvel. 
Ce projet met en lumière comment ce grand compositeur, initiateur du romantisme, devient un mythe au lendemain de sa mort, en 1827. C'est donc à partir de la fondation de celui-ci et à travers de nombreuses représentations iconographiques (dessins, gravures, fac-similés, peintures, sculptures – à partir du masque sur le vif de Franz Klein en 1812, ...), de récits littéraires, de poésies, de discours, de films et d'installations que l'exposition mène le visiteur vers une exploration matérielle et « fictionnalisée » de l'Œuvre du musicien et compositeur allemand. Cette exposition est conçue et pilotée par la directrice du Musée de la musique, Marie-Pauline Martin et Colin Lemoine, attaché de conservation, responsable du fonds de sculptures du Musée Bourdelle. Cette exposition nous fait comprendre le génie de cet artiste, en quoi et comment il est porteur de messages parfois considérés comme messianiques. En passant par le fétichisme jusqu'aux récupérations politiques et idéologiques, l'Œuvre de Beethoven est instrumentalisée positivement et négativement pour divers événements. Depuis plus de deux siècles, les écrivains l'honorent, les théoriciens et les musiciens poursuivent d'en explorer les influences, les plasticiens le glorifient ou moquent l'imagerie construite au fil du temps et des géographies, les mélomanes le consacre. Il inspire largement le cinéma pour des questions de narration et de montage. De la simple sculpture sur socle pour un monument au grand site mémoriel, Beethoven trouve sa place dans l'espace public de nombreuses villes du monde. L'exposition s'achève avec les productions d'artistes du XXème et du XXIème siècle comme Andy Warhol, Joseph Beuys, Nam June Paik, John Baldessari, Terry Adkins ou Idris Khan par exemple ; chacun révélant une version issue de l'imaginaire beethovénien contemporain. Ainsi, s'offrait l'occasion de découvrir des œuvres connues et méconnues, de (re)découvrir la musique romantique et contemporaine, et, de saisir la construction scénographique pour ce vaste projet.
Texte : Daphné Brottet

Le site Internet de la Philarmonie de Paris en cliquant sur ce lien


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