15 juin 2017

Discussion avec les étudiants

Dépôt des dossiers artistiques, Beaux-Arts de Paris. © Anthony Micallef 

L'année scolaire 2016/2017 se termine pour la première promotion de VIA FERRATA. L'occasion d'une courte interview croisée avec certains étudiants.


Les concours d’entrée dans les écoles sont pour la plupart terminés cette année, peux-tu nous dire lesquels tu as tentés et comment ils se sont déroulés pour toi ? 


Raëd : J'ai demandé 5 écoles : ENSAD Paris, ESADSE (Saint-Etienne), les Beaux-Arts de Lyon, TALM et EESAB. J'ai été admissible aux trois premières, quant aux deux autres, l'admissibilité était directe. J'étais très confiant en mes capacités à l'oral et j'avais un peu peur des épreuves sur table. Finalement, ce fut l'inverse.
 
Pauline : Tours, le Mans, Lyon, Cergy et Paris. Tout s'est très bien passé. Mais c'est beaucoup d'organisation et de temps car il faut s'y déplacer, prévoir pour dormir etc. J'ai eu la chance d'avoir mes parents pour m'accompagner avec la voiture car mon dossier était très lourd et encombrant.   
Sinon c'est toujours très agréable de passer les concours, il faut y aller avec l'esprit positif, assuré, être content d'y être. 


Angela : La HEAR Strasbourg, les Beaux-Arts de Paris, de Cergy et de Lyon. Mes concours se sont globalement bien passés, la plupart des membres du jury étaient bienveillants et mettaient en confiance. Les épreuves n'étaient pas aussi compliquées que je l'aurais cru. 


Lucie : J'ai passé Les Arts décoratifs de Paris, les Beaux-Arts de Toulouse, les Beaux-Arts de Bordeaux ainsi que La HEAR (Strasbourg et Mulhouse). L'ENSAD était mon premier concours et le plus stressant. Je me suis laissé déborder, je l'ai loupé.
 Les concours pour l'ISDAT et l'EBABX se sont très bien passés. Les épreuves écrites ne sont pas vraiment mon truc mais je m'en suis bien sortie et les oraux se sont très bien déroulés.


Majorva : J'ai tenté le concours de L'EMCA à Angoulême (école d'animation 2d et 3d) et celui de la Waide Somme (école d'animation 3d reliée aux Beaux-Arts d'Amiens). Ça s'est plutôt bien passé, les épreuves écrites étaient très denses. 

Tatiana : J'ai tenté la HEAD Genève, les Arts décoratifs de Paris, la HEAR Mulhouse, TALM Angers et les Beaux-Arts de Paris. J'ai passé tous les oraux sauf celui de Paris. Les épreuves se sont super bien déroulées, en dehors de l'ENSAD où c'était vraiment les montagnes russes : je pensais avoir raté l'oral, mais finalement j'ai été admise ! 



Qu'est-ce qu'il y avait dans le dossier artistique que tu as présenté ? Quelles problématiques et quels médiums as-tu utilisé cette année ?
 
Willy : Il y avait des dessins, de la gravure, de la poésie, des créations sonores, des peintures et des traces diverses de mes performances. 


Pauline : Je me suis penchée sur des questions liées à la démographie, au nombre d’êtres humains recensés, sous un aspect faussement scientifique. Mais j'ai également travaillé sur des objets détournés. J'ai essayé de varier au maximum les médiums. Vidéo, installation, bricolage, peinture. La question de la présentation est à prendre très au sérieux et assez rapidement au début de l'année, elle passe vite et cela demande beaucoup de temps. La présentation peut faire la différence.  


Angela : Dans mon dossier artistique il y avait des peintures, des carnets, des photos et des sculptures. J’ai essayé de varier les techniques pour que mon dossier ne soit pas linéaire. Je me suis concentrée sur la question de l'identité, des origines familiales, lorsque que l’on n’habite pas dans le pays de ses origines. La construction de cette identité dans un pays étranger et ce que cela engendre. 


Méline : Mon dossier artistique comportait majoritairement des photos d'installations (en plein air ou dans des endroits clos). Je me suis interrogée sur la présence de l'individu. Dans mon travail, le corps est uniquement suggéré par des vêtements ou des silhouettes. J'ai expérimenté différents médiums comme la peinture sur papier bulle, le dessin au fusain, la peinture, la photo et la vidéo. 

Majorva : Pour l'EMCA, j'ai composé avec la contrainte des dossiers d'animation qui ont tous à peu près la même structure tout en devant refléter un univers personnel. Dans le mien il y avait surtout de l'observation (des gens, modèles vivants, mains, vélos, animaux, lieux..). Néanmoins avec mon projet de film j'ai pu montrer un peu mon style et les thèmes qui me tenaient à cœur. Cette année je me suis questionnée sur le mouvement, notamment dans certains sports de combats comme la boxe. Et à travers le sport j'ai voulu parler du dépassement de soi. 


Les concours nécessitent de présenter à l’oral ces travaux artistiques devant un jury, quel est ton souvenir le plus marquant lors de ces oraux ?

Willy : Lorsqu'un professeur m'a dit "à l’année prochaine" à la fin de l'un de mes oraux. 

Pauline : De voir un réel engouement de la part des jurys face à mon travail. Capter leur intérêt, dialoguer avec eux est pour moi une des finalités importante de cette année. 


L’année a été très dense. Pas trop éprouvante?

Pauline : Elle a été très dense oui, mais dense de ce qui nous anime, nous passionne, avec un objectif à la clé. On ne fait jamais trop de sacrifice pour une année comme celle-là, qui passe à vitesse grand V ! Il faut carburer dès le début et ne pas se relâcher.  

Lucie : Je suis bien fatiguée, mais pas le temps pour des vacances : je dois travailler pour payer mes études à.... Bordeaux, puisque je suis admise aux Beaux-Arts de Bordeaux!  

Tatiana : Je n'ai qu'une envie, c'est de recommencer. 

Raëd : Si, complètement. Mais je recommencerai demain si c'était possible. 


VIA FERRATA est intégrée aux Beaux-Arts de Paris, est-ce que cela t’as permis de rencontrer les acteurs de l’école ou de participer à des projets spécifiques ?

Willy : Oui, on a pu visiter les lieux de présentation des collections d’œuvres appartenant aux beaux-arts, rencontrer d'anciens étudiants de l’école, ainsi que certains professeurs, visiter des ateliers et assister à des conférences. 

Pauline : VIA FERRATA a cet avantage : on a pu assister à des cours donnés par des professeurs de l'école des Beaux-Arts notamment en cours de modèle vivant et en culture artistique. 

David : Le fait que la prépa soit intégrée aux Beaux-Arts de Paris m'a motivé pour atteindre mon objectif (réussir le concours d'entrée en première année) et permis d'affiner mon goût et mon orientation artistique en fréquentant la salle de morphologie et l'environnement général de l'École. 

Méline : VIA FERRATA m'a permis d'assister à des conférences de Didier Semin sur l'Histoire de l'Art et de rencontrer des professeurs chef d'atelier ainsi que leurs élèves, qui nous ont expliqué leur travail.


Quel est ton souvenir le plus marquant de l’année ?

Raëd : C'était aux alentours de janvier/février, le rush de l'année. Le dernier oral blanc que j'ai passé avec des profs. Je n'étais ni prêt, ni concentré. Après avoir échoué à expliquer mon travail, j'ai eu droit au sermon. Le plus pénible c'est lorsque l'un des jurys m'a questionné sur ma motivation. "Qu'est-ce que tu fais ici ?" Une question très simple à laquelle je n'arrivais pas à répondre. Le jury m'a libéré et j'ai pu aller me "réfugier" dans un coin. J'étais tellement à bout que je me souviens avoir pensé "Je déteste ces études". C'était un moment vraiment difficile, les études d'art vous pousse à travailler sur vous-même, ce que vous pensez, ressentez... 

Majorva : La rencontre avec Joan Sfar! Il m'a dit : "Si tu veux faire des films, fais des films". Un conseil qui a eu une résonance particulière pour moi. C'était vraiment bien de pouvoir lui montrer nos dessins et de savoir que les Beaux-Arts de Paris sont ouverts à la BD. 

Lucie : Le jour où nous avons été faire du Land Art en forêt de Fontainebleau. C'était au début de l'année et ça nous a permis de nous découvrir vraiment.

Méline : La visite au Palais de Tokyo, lorsque j’ai découvert l'artiste Tino Sehgal. Je n'avais jamais vu de performance, et c'était une expérience sociale assez intense, qui mettait le spectateur, les rapports humains au centre de l'œuvre. Cette exposition a enrichi ma réflexion autant sur le médium que sur la place du spectateur dans l’œuvre d’art.


Si tu devais résumer ton année en un (ou quelques) mot(s) ?

Angela : Expérimentale, enrichissante.

Pauline : Ascension.

Méline : Ascenseur émotionnel.

Majorva : Compliquée à certains moments, mais ça m'a fait grandir. Le cadre et l'immersion poussent à une productivité constante, je n'y étais pas du tout habituée. J'ai  beaucoup appris sur moi-même et sur le monde de l'art. 

David : Une année formidable comme je l'avais imaginé avant d'intégrer la classe préparatoire.

Tatiana : Liberté, cohésion, heureux. 

Lucie : Béquille.

Raëd : Je me suis trouvé, réellement. Je crois qu'il n'y a pas plus précieux lorsqu'on a 20 ans.

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Raëd, admis à l’École Supérieure d’Art et de Design de Saint-Étienne et à l'École Supérieure des Beaux-Arts d’Angers.

Pauline, admise à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Lyon, à l’École Nationale Supérieure de Nantes Métropole et à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Tours.

Angela, admise à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris.

Willy, admis à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, à l’École Nationale Supérieure de Nantes Métropole, à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts du Mans et à la Villa Arson à Nice.

Majorva, admissible à l’École des Métiers du Cinéma d’Animation d’Angoulême et en attente de réponses pour des BTS en dessin d’animation.

Lucie, admise à l’École d’Enseignement Supérieur d’Art de Bordeaux.

Tatiana, admise à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris, à la Haute École d’Art du Rhin de Mulhouse, à la Haute École d’Art et de Design de Genève et à l’École Supérieure des Beaux-Arts d’Angers.

Méline, admise à l’École Nationale Supérieure de Nantes Métropole et à l’École Nationale Supérieure d’Art de Bourges.  

David, admis à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris.


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