29 septembre 2017

Visite du Centre Pompidou



Les étudiants de VIA FERRATA ont visité les collections modernes et contemporaines du Centre Pompidou. Cette visite a été organisée et menée par Daphné Brottet, conférencière.

" La collection moderne (de 1905 aux années 1960) est composée de plus de 7000 œuvres, couvrant les champs des arts plastiques (peintures, sculptures, objets) réalisées par 1535 artistes dont la date de naissance est antérieure à 1920, ainsi que plus de 800 œuvres anonymes d’art primitif.
Ces œuvres sont présentées au 5e étage des collections permanentes par rotation, dans un parcours commençant historiquement au début du 20e siècle et de la révolution fauve.
La collection moderne comprend des ensembles d’œuvres majeures de toutes les grandes figures de l’art moderne et issus des mouvements fondateurs de la modernité, d'Henri Matisse, Pablo Picasso, Georges Braque, Constantin Brancusi, Robert et Sonia Delaunay, Fernand Léger, Raoul Dufy, Juan Gris, Marcel Duchamp, Henri Laurens, Jean Arp, Vassili Kandinsky, Frantisek Kupka… La reconstitution de l’atelier d’André Breton - une « collection dans la collection » et lieu d’inspiration intellectuelle - constitue un point d'orgue du parcours du musée autour du surréalisme. Enfin, la période de l'après-guerre est également bien représentée au travers de mouvements tels que l’art informel (Jean Dubuffet, Jean Fautrier…), l’abstraction lyrique, CoBra…

Les œuvres de la collection, émanant d’artistes nés après 1920, constituent un ensemble de peintures, sculptures, dessins, photographies et installations faisant également appel aux nouveaux médias.
Constituée au moment où le Musée national d’art moderne rejoint l’enceinte du Centre Pompidou, la collection comporte plus de 2000 œuvres de 750 artistes dont les figures historiques sont Francis Bacon, Mark Rothko, Yves Klein, Jean Tinguely, Jasper Johns, Robert Rauschenberg, Andy Warhol, Joseph Beuys, Christian Boltanski, Annette Messager ou Bill Viola… et qui retrace certains grands mouvements. "
 

Le site Internet du Centre Pompidou en cliquant sur ce lien.




© Hugo Aymar 

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27 septembre 2017

Rencontre avec Élvire Bonduelle

 
Relax Max, métal peint, 140 et 120 x 45 x 45 cm, production La KunstHalle de Mulhouse, 2016 

Les étudiants de VIA FERRATA reçoivent régulièrement la visite d'un artiste qui vient présenter son parcours et son travail. Aujourd'hui, ils ont rencontré Élvire Bonduelle.

" La pratique d’Élvire Bonduelle est tout entière orientée vers une exigeante quête du bonheur à laquelle elle s’astreint avec toutes sortes d’outils, dessin, sculpture, vidéo et bientôt peinture.
Pour Élvire Bonduelle, l’art peut être joli, léger, mais pas frivole ; une vraie autorité émane en réalité de son œuvre. Diplômée de l’Ensba Paris en 2005, elle a décidé de plier sa vie à l’exigence d’un bonheur optimiste, à l’encontre du mythe de l’artiste maudit et malheureux. Elle parle de « sculpture de soi ». Sa fraîcheur revendiquée vient de là, mais n’existerait pas sans la conscience de la difficulté de l’existence – ce n’est pas possible d’être seulement sérieux.
Il est tentant de rattacher l’œuvre d’Élvire Bonduelle à l’histoire de l’art. Ses objets rappellent parfois les formes de l’art minimal, comme Wood is Good (2012), un fauteuil en bois articulé par des charnières, que l’on peut déplier jusqu’à le mettre à plat. Donald Judd fait partie des artistes qu’elle admire le plus, avec Sol Le- Witt, et Bruce Nauman qui la fascine par les paradoxes qu’il met en œuvre dans ses vidéos. Mais la notion d’ornement est aussi très présente dans son travail, et elle cite volontiers les écrits de William Morris et le mouvement Arts and Craft. On pense à l’humour et à la malice de François Morellet, aux collections d’images absurdes de Taroop & Glabel, aux constructions irréelles d’Andrea Zittel. La pratique d’Élvire Bonduelle échappe aux catégories, elle est surtout intuitive, et se glisse dans le cours de l’histoire en empruntant ses contradictions.

Dans son programme, elle s’est elle-même proclamée, il y a quelques années, « dictatrice du bonheur », grimée avec des mous- taches d’Hitler... roses. Elle a fabriqué des instruments pour être heureux, un Sèche-larmes ou un Tire-bouche, qui ressemblaient à des instruments de torture, ou plutôt aux machines malicieuses que Jacques Tati a filmées d’un œil tendre et amusé. Puis elle a inventé des Cales pour que l’on puisse s’installer confortablement dans la vie, morceaux de mousse couverts de tissus peints en imitation bois ; ce sont des sièges-lits-chauffeuses modulables en fonction de l’espace et des corps. Il y a beaucoup de chaises dans l’œuvre d’Élvire Bonduelle, en particulier des Rocking-chairs et des Rocking-transats, parce qu’on peut s’asseoir dessus pour regarder le monde. En résidence au Canada, elle a décidé de réaliser elle-même une paire de Berceuses (en canadien : fauteuil à bascule), comme il en existe là-bas dans les jardins devant les pavillons de banlieue. Elle a ensuite décliné cette idée en différentes variantes plus ou moins reconnaissables et praticables, en métal ou en bois. Il y a peu de temps qu’elle délègue la production de ses œuvres ; elle les a longtemps fabriquées elle-même, pour la « tendresse du bois », et l’intimité avec les matériaux qui se tisse quand on les travaille de près.
Quelque chose la fait rêver – entre le rêve et le cauchemar – dans les paysages des banlieues pavillonnaires où elle part souvent se promener en voiture pour observer toutes sortes de détails architecturaux, fantaisies dans ce monde trop normé. Une série est née de ces dérives suburbaines, les Dessins à la règle. Elle les poursuit depuis 2007, régulièrement, comme des respirations; elle en a même fait des livres. À sa table de travail, elle trace une ligne avec un double décimètre, et d’une traite, en improvisant, laisse venir à sa mémoire des formes et des couleurs. C’étaient d’abord des intérieurs, à l’époque où elle n’avait pas vraiment d’atelier pour travailler, puis des pavillons de banlieues (maison, voiture, chien), parfois aussi des demeures monumentales. Quelques rehauts de couleurs soulignent les profondeurs. La dernière série s’intitule les Vertus; Élvire Bonduelle a rêvé d’un promoteur immobilier qui demanderait à chaque propriétaire quelle vertu il voudrait voir inscrite sur sa maison : « Calme et sérénité », « Paix / Peace / Friede », peut-on lire à un balcon, sur des volets ou sur un toit.

Car Élvire Bonduelle aime les mots. Elle écrit des chansons légères et entêtantes dont les paroles sont un peu « l’esprit de ses œuvres ». Depuis longtemps, elle lit le Monde, « un peu comme [elle] ferait sa prière ». C’est parce que cette lecture était trop violente qu’elle a conçu le meilleur Monde, édition spéciale du quotidien, réalisée en trois mois au cours desquels elle a découpé et rassemblé exclusivement les bonnes nouvelles (et qui n’a rien de l’atmosphère terrifiante du Meilleur des mondes d’Aldous Huxley). El Païs l’a invitée à créer de même El mejor Païs, juste au moment, et c’était un hasard, où le mouvement des Indignados s’est déclaré à Madrid. Elle a distribué ces journaux de bonnes nouvelles dans la rue, au cours de quelques performances.
Dans les arènes d’Arles, elle donnait aussi aux passants ses parapluies-ombrelles en couvertures de survie, petits modules portatifs de bonheur, protégeant du soleil et de la pluie ; El- vire Bonduelle les a créés pour l’exposition To the Moon via the Beach qui était organisée par Philippe Parreno et Liam Gillick. Ils s’intitulent Modules lunaires individuels, d’après les LEM (Lunar Excursion Module), vaisseaux qui ont permis aux astronautes de descendre de leur fusée pour marcher sur la Lune. Ce contexte d’une exposition collective conçue par des artistes, Élvire Bonduelle en est familière ; elle-même joue (dans une moindre mesure) régulièrement le rôle de commissaire d’exposition pour partager des connivences artistiques.
Aujourd’hui elle a décidé d’apprendre la peinture à l’huile. Elle a commencé par faire fabriquer des châssis en forme d’arcs en plein cintre, dont elle a assumé les finitions. Un petit retable qu’elle vient d’achever avec des chutes de bois est accroché au mur de son atelier. C’est la question du sacré qui l’intéresse dans ces objets, pas celle de la religion mais une forme encore plus grande d’intimité avec les objets. Selon ses propres termes, elle allie l’art et la vie, le fonctionnel. "

Texte : Anaël Pigeat, Introducing Élvire Bonduelle, Art press N°397, février 2013

image 2 :
Vue d'atelier avec Red Bush, acrylique sur toile, 190 x 145 cm, 2016 
image 3 :
Moulures, polystyrène et résine peinte, dimensions variables, Mac Val, 2015 et
Individual LEM, parapluie en couverture de survie, Production Fondation LUMA, 2012
  
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15 septembre 2017

Rentrée scolaire 2017 / 2018


Le lundi 11 septembre 2017, la nouvelle promotion de VIA FERRATA, la classe préparatoire publique aux examens et concours d’entrée dans les établissements supérieurs d’enseignement artistique intégrée à l'école des Beaux-Arts de Paris, a fait sa rentrée scolaire.

Les 25 étudiant(e)s de cette nouvelle promotion sont âgés de 18 ans à 21 ans, ils viennent d’Ile de France, d’Amiens, de Bordeaux, de Tours, mais aussi de Roumanie, du Mexique, d’Autriche et de Suisse. Ils ont été accueillis dans la salle du conseil par le directeur de l’École, Jean-Marc Bustamante, la directrice adjointe, Patricia Stibbe, la directrice des études, Joan Ayrton, l’historienne de l’art  et responsable du service des collections de dessins, Emmanuelle Brugerolles, et par toute l’équipe pédagogique de la classe préparatoire.

Ils ont découvert tout au long de cette journée les lieux où vont se dérouler leurs cours : amphithéâtre du Murier, amphithéâtre de Morphologie, pôle numérique, service des collections, bibliothèque et médiathèque, ainsi que l’atelier de pratique artistique dédié à la classe préparatoire à Saint-Ouen.

Une nouvelle année débute, elle sera riche de découvertes, d’expérimentations, de réalisations, de projets, de visites, de difficultés et de réussites !  









Photos : Hugo Aymar


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