05 février 2018

Conférence de Didier Semin sur Markus Raetz

Markus Raetz, Métamorphose II, Beuys/Hase, 1992

Les étudiants de VIA FERRATA ont assisté à la deuxième intervention de Didier Semin programmée pour la classe préparatoire cette année.

Didier Semin est historien de l'art et enseigne aux Beaux-Arts de Paris depuis 1999. Il est l'auteur de nombreuses publications et a été entre autres, conservateur au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris et au Centre Pompidou.

Cette conférence avait pour thème Markus Raetz, une exemplaire économie de moyens.

" On pourrait, sans trop se tromper, avancer que la modernité a connu, en art, deux généalogies distinctes. D’un côté, les artistes du mouvement, de l’enthousiasme et du progrès, qui ont épousé, pour le meilleur et pour le pire, la marche de leur temps : Wagner, Picasso, les futuristes, pour ne prendre que quelques exemples … De l’autre, ceux qui se sont prudemment tenus à l’écart, ont fui le bruit, la foule et la fureur  : Satie, Duchamp, Klee, Michaux … Les premiers ne sont certainement pas de moins grands artistes que les seconds, mais leurs œuvres auront peut-être été plus vulnérables à la rapacité du monde auquel elles ont acquiescé. On peut envahir la Pologne (ou le Vietnam, Coppola ne s’y est pas trompé) au son de la Chevauchée des Walkyries, mais personne n’a jamais songé à remuer le moindre fantassin avec la mélodie des Préludes flasques pour un chien. Markus Raetz a depuis longtemps choisi son camp dans cette modernité. C’est celui de la modestie et du retrait, de la distance affectueusement ironique, et de l’économie de moyens (ce n’est pas un hasard s’il a réalisé les portraits de Duchamp et de Satie). On tâchera d’explorer son monde, ses jeux sérieux avec des matériaux insolites et précaires, parfois de simples tracés sur le sable, la science consommée qui est la sienne de l’illusion d’optique, et de donner un aperçu des enjeux majeurs dissimulés derrière la feinte désinvolture qui fait tout le prix et le charme de cette oeuvre rare. "

Né en 1941 en Suisse, Markus Raetz vit et travaille à Berne ; ses deux dernières grandes expositions personnelles à Paris ont eu lieu à la BNF, en 2011, et à la galerie Farideh Cadot, en 2012. 


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