22 novembre 2018

Rencontre avec Mona Oren

 
Les étudiants de VIA FERRATA reçoivent régulièrement la visite d'un artiste qui vient présenter son parcours et son travail. Mardi 20 novembre ils ont rencontré Mona Oren.

" Mona Oren crée depuis 20 ans une œuvre protéiforme qui convoque régulièrement le dessin, la photographie, la vidéo et l’installation, mais dont le centre de gravité reste la sculpture. Venue à l’art par le goût du contact avec la matière, des volumes et des surfaces, elle réalise des œuvres tridimensionnelles qui font ensuite l’objet d’une mise en situation : spatialisation, transcription, série photographique ou vidéo.
Lauréate du prix Liliane Bettencourt pour l’intelligence de la main en 2018, Mona Oren développe dans sa pratique artistique une expertise du moulage et de l’empreinte. L’empreinte, geste technique qui « libère une espèce paradoxale d’efficacité [...] emprise corporelle et universalisable comme reproduction sérielle ; celle de reproduire des ressemblances extrêmes qui ne sont pas mimésis mais duplication ; ou encore celle de produire ces ressemblances comme négatives, contre-formées, dissemblables. [...] le pouvoir qu’ont les images de nous toucher, l’invention d’une mémoire des formes, le jeu cruel du désir et du deuil – tout cela dans un triple contact, tour à tour joyeux ou douloureux, avec la matière, avec la chair, avec la disparition. »*

La cire, matière de prédilection « vivante », « organique » dont on perçoit la vulnérabilité : fragile, sensible au vieillissement, sous la menace constante d’une déformation par la chaleur. Elle est également un médium « intime ». Si la nature et le monde végétal étaient à l’origine la source d’inspiration de l’œuvre de Mona Oren, elle s’est orientée dans une direction plus abstraite où l’expérience intérieure et personnelle se traduit par la matière, interrogeant le processus et l’espace. La démarche de Mona Oren peut s’apparenter au post-minimalisme en exploitant la force évocatrice et formelle du matériau, mais elle l’enrichie d’une émotivité plus volatile. Le symbolisme, l’érotisme, l’humour y sont présents également, tout comme le doute et la pudeur. Les strates de sens qui se superposent dans l’œil du spectateur sont plus délicates, translucides, que des déclarations d’intention. Elles se déposent ici par fines couches successives, par pellicules infinitésimales, entre profondeur et fragilité. Le travail de Mona Oren a fait l’objet de nombreuses expositions dans des musées et des galeries en France et à l’international. 

* Georges Didi-Huberman et Didier Semin, Faire une empreinte, catalogue d’exposition l’Empreinte, Édition du centre Georges Pompidou, Paris, 1997, p. 11.     

Visuels : Couché, sculpture, 2015
              Internal, sculpture, 2009


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