15 novembre 2019

Visite du Centre Pompidou

Les étudiants de VIA FERRATA ont visité l'exposition permanente du Centre Pompidou. La série de visites a été organisée et menée par Daphné Brottet, conférencière.

Situé au cœur de Paris et solidement ancré dans le champ de l'art moderne et contemporain, le Centre Pompidou fait parti des lieux culturels les plus emblématiques et les plus fréquentés au monde. Décidé en 1969 par le président Georges Pompidou pour « donner une nouvelle impulsion à plusieurs projets culturels » et développer « une politique dynamique d’expositions d’art contemporain », il a été inauguré en 1977. Le souhait des architectes Renzo Piano et Richard Rogers qui ont conçu l’édifice repose sur une idée essentielle : créer une fluidité entre l’espace public extérieur – horizontal – avec, notamment, la Piazza puis l'atelier Brancusi et les espaces intérieurs – verticaux – afin d’ouvrir un accès sans entrave aux activités qui s'y déroulent.
La circulation physique dans les 6 niveaux, du Forum-1 à la terrasse panoramique, la déambulation dans les salles et entre elles – grâce leur modularité –, font de ce lieu un ensemble culturel singulier et remarquable où se conjuguent richesse et transparence. En effet, outre le Musée national d'art moderne, le bâtiment abrite une salle spectacle et de conférence, une librairie et la Bibliothèque publique d'informations (Bpi), gratuite et ouverte à tous. Un centre de documentation (Bibliothèque Kandinsky) spécialisé en art réservé aux chercheurs complète cette large palette d’outils destinés au public.
C'est donc au Musée national d'art moderne/Centre de création industrielle (Mnam/Cci), occupant les niveaux 4 et 5, que les étudiants de VIA FERRATA ont rendez-vous plusieurs fois dans l'année afin de découvrir les collections et s’initier aux grands défis de l’art moderne et contemporain (de 1914 à nos jours). Ils sont ensuite invités à s'y rendre par eux-mêmes pour approfondir leur connaissance, aiguiser leur regard sur certaines œuvres majeures du XXème et XXIème siècle issues de diverses disciplines plasticiennes, architecturales et du design, cinématographiques et littéraires, poétiques et technologiques.
Ainsi, à la faveur d'une scénographie régulièrement renouvelée de la très vaste collection qui accroît chaque année son fonds, les jeunes artistes découvrent différentes écritures curatoriales d'une histoire de l’art « riche et complexe, constituée de récits qui s’entrecroisent et se superposent ». Se saisissant de l'opportunité de fréquenter assidûment cet endroit, les futurs candidats aux écoles d'art nationales et européennes réalisent une expérience esthétique inédite et mettent en pratique le propos de son directeur (cité plus haut), Bernard Blistène, considérant le Cnac-Georges Pompidou comme un « lieu d'exposition mais aussi de recherche ».


TEXTE : Daphné Brottet




PHOTOS : © Hugo Aymar 




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12 novembre 2019

Rencontre avec Yasmina Benabderrahmane

DIE HECKE, 2008

Les étudiants de VIA FERRATA reçoivent régulièrement la visite d'un artiste qui vient présenter son parcours et son travail. Mardi 5 novembre ils ont rencontré Yasmina Benabderrahmane.

Ce que l’on voit, où ce qui est donné à voir serait ou ne serait pas véritablement ce que l’on voit.
" On peut alors se poser la question de savoir si dans mes photographies ou dans mes films, on ne se contente pas seulement de reproduire la réa- lité, l’acte même d’imager ou en quelques sortes si ces artifices créent toujours une fiction.
Le vrai, le faux, la réalité, l’apparence, les faux semblants, la mascarade: j’observe et sonde la force, les raisons profondes de l’objet représenté. Les images peuvent entretenir une confusion déstabilisante entre la réalité et sa représentation. Au-delà de la visibilité de l’image, il n’y à rien à voir puisque l’image concentre sur elle toute la visibilité.
Visible et invisible s’oppose non comme deux contraires logiques mais la vérité de l’un fait se révèle à la vérité de l’autre. Le simulacre ou l’illusion qui satisfait le regard en saturant le visible. L’image ne renvoie qu’à elle-même et bloque sur elle tout mystère — Eïdon (l’idée) et l’Eïdolon (l’image /phan- tasme). Cette idée prend forme par des détails ou fragments de corps, des séries de portraits qui relèvent des quotidiens, de portraits- paysages, d’objets, de restes, de gravats, d’ossements, d’espaces ou de lieu qui citeraient le corps sans le montrer."
Maîtresse d'oeuvre où le chantier à bras le corps, 2016

Dans la rigueur de l’expérimentation, Yasmina Benabderrahmane construit une œuvre doublement sensible et scientifique qui déjoue les points de signifiance du réel. Ses photographies et ses films forment, plus qu’une série, un véritable corpus actant d’un processus de recherche. A hauteur de son regard, le paysage du monde et des corps qui l’habitent, des fragments de nature, des éléments d’architecture ou de corps, qui du micro au macro, sont identiquement enregistrés. Difficile de parler de sujet à proprement parler, ou plutôt de prétexte, car précisément ces éléments n’en sont pas dans l’œuvre de Yasmina Benabderrahmane.
Sensibles, photo-sensibles, ces éléments apparaissent davantage comme des marqueurs, des structures d’enregistrement du monde. Précisément, l’appréhension du sujet disparaît au profit de l’expérience sensible; au profit de ce que ces éléments sont en tant que formes, plutôt qu’en tant que représentations.
Un processus qui définitivement prend le parti du tangible plutôt que de celui de la projection et des fantasmes qui lui sont associés. Le corps n'est pas ici un élément du romantique, mais toujours cruellement terrestre.
Aussi une dichotomie corps / paysage structure-t-elle l’œuvre de Yasmina Benabderrahmane, plaçant ainsi ces fragments sur le même plan physique, phénoménologique, de sujets devenus formes. Pour introduire peu à peu le sentiment de l’érosion qu’a subie la confiance même que nous portons à la seule expérience visuelle et en notre croyance acharnée en un réel signifiant. 

PORTRAIT-PAYSAGE, 2009

TEXTE : Leslie Compan 

Le Site Internet de Yasmina Benabderrahmane.


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04 novembre 2019

Workshop avec France Hervé


Du 21 au 25 octobre, les étudiants de VIA FERRATA ont participé à un Workshop intitulé Impromptus Performatifs, animé par France Hervé, chorégraphe, danseuse, comédienne et plasticienne.
 
Tout au long de son intervention, France Hervé a proposé aux étudiants de réaliser de courtes performances axées sur la mise en relation de disciplines et techniques variées. Ils ont été amené à incarner physiquement leurs travaux personnels, utilisés comme matériaux de départ. Dessins, peintures, sculptures ou photographies ont ainsi nourri ces performances.
Leurs corps-outils, métamorphosés, déployés dans l'espace, ont alors permis une lecture différentes des travaux d'origine et une ouverture vers d'autres possibilités créatives.






© Hugo Aymar  

Le Site Internet de France Hervé en cliquant sur ce lien.



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21 octobre 2019

Les étudiants dans la forêt de la Fontainebleau

" Heureux qui pénètre dans la forêt doué d'une attention généreuse aux choses, offert à la variété du monde. Fuir les sentiers piétinés pour inventer le chemin de ses pas, trancher les bois au travers, par une manière libertaire d'aller. Le marcheur prend son temps et se moque de l'horloge, il est maître de son souffle et, mendiant de solitude, il ne doit rien à quiconque. (...) Il redevient l'enfant qu'il était, sensible à la rugosité des écorces, aux effluves de terre, saisi de plaisir et d'un peu d'angoisse à la croisée des chemins, car, redevenu enfin l'homme des belles occasions, flâneur de circonstance, il est l'esclave du hasard, ravi par la liberté de ses sens. (...) La forêt offre les oeuvres qu'elle compose.
La valeur d'un paysage, l'émotion qu'il répand, est d'abord le fruit de la confrontation du spectacle qu'il donne et de l'âme qui marche à sa rencontre. "
Anne Vallaeys, extrait de FONTAINEBLEAU La forêt des passions
 




© Hugo Aymar  


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25 septembre 2019

Rencontre avec Valentin Abad


Les étudiants de VIA FERRATA reçoivent régulièrement la visite d'un artiste qui vient présenter son parcours et son travail. Mardi 24 septembre ils ont rencontré Valentin Abad.

« J’aime donner vie de manière tangible et mécanique à des notions impalpables tels que des théories, des données ou des concepts psychologiques et sociologiques. »

Comment prolonger les sentiments pris dans la temporalité de l’enfance ?

Le travail de Valentin Abad s’autorise à la (re)construction de l’imaginaire perdu de l’enfance, à l’aide de sculptures, à la limite du ready-made. Au fil de ses œuvres, l’artiste détourne et réinvente la matière pour mieux la détruire et la reconstruire, sous une nouvelle forme, telle une réinvention du quotidien. Fasciné par les constructions et leur jeu, l’artiste interroge : comment sculpter les ressentis de l’ordinaire, de tous les jours ? Pour cela, ce dernier procède à une transfiguration de la relation par la matière et invite à faire signe autrement, sous un autre aspect, où la matière se veut changeante.

L’œuvre Écrase y fait directement référence. Les éponges plombées par le granite figurent le poids et l’étouffement de la relation familiale. L’artiste s’abstrait du langage pour communiquer par la matière une volonté d’indépendance. Influencé par le travail de Daniel Dewar et Grégory Gicquel, l’ordinaire se reconstruit.
Le plaisir du «  fait main  » passe par les matériaux utilisés et leur apprentissage de manière autodidacte, répondant d’une certaine innocence quant à leur approche. Cette insouciance permet à Valentin Abad de construire et déconstruire, former et déformer les matériaux, à l’image d’une archéologie du futur comme notamment avec la pièce Puzzle, reprenant les formes élémentaires du carré, s’inscrivant dans un rond de plâtre blanc et pigmenté de bleu. L’allusion à la planète bleue, questionne la forme même de la Terre en perpétuel façonnage et destruction. Si l’artiste réinvente le monde, il en réinvente aussi la substance, laissant  entrevoir de nouveaux possibles. L’œuvre intitulée Grillage dépasse ce qui est établit et invente un bois surréaliste devenu souple, s’inscrivant dans un monde aux propriétés nouvelles. À l’instar du mur, la grille laisse percevoir l’inaccessible. Là où le monde se rêve, L’ascension des courges, songe à un légume permettant la création d’une échelle, insérant l’œuvre au sein d’un univers transformant les possibles. Ainsi, la réflexion sur sa pratique artistique permet à Valentin Abad de donner forme à l’impalpable des sentiments.


Comment modéliser par la forme une enfance possible ? 

L’enfance passée éveille un souvenir évaporé et envisage une enfance future suggérant la parentalité de l’artiste. L’utopie et l’imaginaire de l’enfance, répondent ici à un jeu de construction comme cela peut être le cas de l’œuvre Le temps des dinosaures est révolu. L’artiste s’amuse à y détourner les matières pour fabuler des personnages, tout comme l’enfant jouant dans sa chambre, tandis qu’ici le temps de l’innocence est révolu. Si les œuvres de Valentin Abad paraissent minimales dans leurs formes, elles se complexifient et gagnent en profondeur au moyen de leur titre ou signification comme cela peut notamment être le cas avec l’œuvre intitulée L’enfant plante verte révélant un enfant délaissé par l’attention de ses parents. Devenu simple décoration, arrosé, dépourvu de réelle marque affective, renvoyant au monde parfois plus sombre de l’enfance et de l’adolescence cœxistant avec les premières utopies. L’autobiographie ainsi partagée avec les regardeurs réinvestie l’univers de l’enfance et invite à l’identification. L’ancrage au réel se transmet notamment dans les objets utilisés devenus sculptures et constructions, mais aussi à travers les formes évoquant les relations humaines, propres à l’enfance et au cercle familial. L’œuvre Dear Dad en est un exemple frappant. Une perceuse tourne dans le vide dans un ballet infini, allégorie du père plutôt bricoleur, que l’artiste observait de son regard d’enfant, comme spectateur d’un inaccessible. 

L’idée d’invention règne dans la pratique de Valentin Abad. Les formes trompent la réalité. L’enfance perdue se recompose. Les utopies ordinaires se transfigurent. Finalement, une enfance possible se sculpte et exprime l’intérêt de l’artiste pour le processus de fabrication laissant aller la découverte.  

Texte : Fiona Vilmer


Le Site Internet de Valentin Abad en cliquant sur ce lien.

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17 septembre 2019

Rentrée scolaire 2019 / 2020



Le lundi 9 septembre 2019, la quatrième promotion (-promotion Giona-) de VIA FERRATA la classe préparatoire publique aux examens et concours d’entrée dans les établissements supérieurs d’enseignement artistique intégrée à l'école des Beaux-Arts de Paris, a fait sa rentrée scolaire.

Les 25 étudiant(e)s de cette nouvelle promotion sont âgés de 17 ans à 21 ans. Ils ont pu voir tout au long de cette journée les espaces où vont se dérouler l’année : amphithéâtre du Murier, amphithéâtre de Morphologie, pôle numérique, service des collections, bibliothèque et médiathèque, ainsi que l’atelier de pratique artistique dédié à la classe préparatoire à Saint-Ouen.

Une nouvelle année débute pour ces étudiant(e)s et pour l'équipe pédagogique de VIA FERRATA, nous espérons qu'elle sera aussi réussie que la précédente (96% de réussite aux concours des écoles supérieures d'art) et jalonnée de réalisations intéressantes, de beaux projets et de découvertes enrichissantes !

 

 © Hugo Aymar 


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21 juin 2019

Retour en photos sur les Portes ouvertes / Exposition des étudiants 2019


Photos : Hugo Aymar 



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