21 novembre 2019

Rencontre avec Émilie Brout & Maxime Marion


Les étudiants de VIA FERRATA reçoivent régulièrement la visite d'un artiste qui vient présenter son parcours et son travail. Mardi 19 novembre ils ont rencontré Émilie Brout & Maxime Marion. 

 La pratique d'Émilie Brout & Maxime Marion porte essentiellement sur la culture et les usages du web ; ils travaillent ainsi le plus souvent avec et sur internet. Employant une large diversité de mediums, ils ont un intérêt particulier pour la vidéo dont ils cherchent à explorer et repousser les limites (non-linéarité, durées infinies, matérialité du support d’affichage...). L’abondance des images – amateur, vernaculaires ou plus largement utilitaires –, leurs modalités de production, leurs circuits de diffusion et leurs contextes de réception sont également des sujets récurrents dans leur travail. Via un décryptage minutieux, ils essaient d’identifier les spécificités économiques, politiques et juridiques de systèmes ou de structures existantes avant de les infiltrer, pour y laisser des traces ou en rendre compte, notamment par le moyen du récit. Leurs pièces cumulent ainsi souvent des registres d’existence parallèles, au-delà du seul espace d’exposition, visant à réinscrire de l’incarnation et de la fiction au sein même de leurs champs d’intervention.  

Nés en 1984 et 1982, Émilie Brout & Maxime Marion vivent et travaillent à Paris. Leur travail a été lauréat du prix de la fondation François Schneider et du prix du public Sciences Po pour l’art contemporain. Il a été soutenu par la Fondation des Artistes, la SCAM et le CNC, et fait notamment partie des collections des FRAC Aquitaine et Poitou-Charentes. Il a été exposé en France et à l’étranger : MAC VAL, Vitry-sur-Seine ; Cité de la céramique, Sèvres ; IAC Villeurbanne ; FRAC Haute-Normandie, Rouen ; 5th Moscow Biennale for Young Art ; Carroll/Fletcher, Londres ; OCAT Shenzhen ; Daegu Art Museum ; Redline Contemporary Art Center, Denver...  Ils ont récemment bénéficié d’expositions personnelles à la galerie 22,48 m², Paris (2019), à la Villa du Parc, Annemasse (2018), au Pori Art Museum, Pori, Finlande (2018) et à la galerie Steve Turner, Los Angeles, Etats-Unis (2017).

PHOTOS : vue d'exposition à la Villa du Parc, 2018 © Aurélien Mole  



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15 novembre 2019

Visite du Centre Pompidou

Les étudiants de VIA FERRATA ont visité l'exposition permanente du Centre Pompidou. La série de visites a été organisée et menée par Daphné Brottet, conférencière.

Situé au cœur de Paris et solidement ancré dans le champ de l'art moderne et contemporain, le Centre Pompidou fait parti des lieux culturels les plus emblématiques et les plus fréquentés au monde. Décidé en 1969 par le président Georges Pompidou pour « donner une nouvelle impulsion à plusieurs projets culturels » et développer « une politique dynamique d’expositions d’art contemporain », il a été inauguré en 1977. Le souhait des architectes Renzo Piano et Richard Rogers qui ont conçu l’édifice repose sur une idée essentielle : créer une fluidité entre l’espace public extérieur – horizontal – avec, notamment, la Piazza puis l'atelier Brancusi et les espaces intérieurs – verticaux – afin d’ouvrir un accès sans entrave aux activités qui s'y déroulent.
La circulation physique dans les 6 niveaux, du Forum-1 à la terrasse panoramique, la déambulation dans les salles et entre elles – grâce leur modularité –, font de ce lieu un ensemble culturel singulier et remarquable où se conjuguent richesse et transparence. En effet, outre le Musée national d'art moderne, le bâtiment abrite une salle spectacle et de conférence, une librairie et la Bibliothèque publique d'informations (Bpi), gratuite et ouverte à tous. Un centre de documentation (Bibliothèque Kandinsky) spécialisé en art réservé aux chercheurs complète cette large palette d’outils destinés au public.
C'est donc au Musée national d'art moderne/Centre de création industrielle (Mnam/Cci), occupant les niveaux 4 et 5, que les étudiants de VIA FERRATA ont rendez-vous plusieurs fois dans l'année afin de découvrir les collections et s’initier aux grands défis de l’art moderne et contemporain (de 1914 à nos jours). Ils sont ensuite invités à s'y rendre par eux-mêmes pour approfondir leur connaissance, aiguiser leur regard sur certaines œuvres majeures du XXème et XXIème siècle issues de diverses disciplines plasticiennes, architecturales et du design, cinématographiques et littéraires, poétiques et technologiques.
Ainsi, à la faveur d'une scénographie régulièrement renouvelée de la très vaste collection qui accroît chaque année son fonds, les jeunes artistes découvrent différentes écritures curatoriales d'une histoire de l’art « riche et complexe, constituée de récits qui s’entrecroisent et se superposent ». Se saisissant de l'opportunité de fréquenter assidûment cet endroit, les futurs candidats aux écoles d'art nationales et européennes réalisent une expérience esthétique inédite et mettent en pratique le propos de son directeur (cité plus haut), Bernard Blistène, considérant le Cnac-Georges Pompidou comme un « lieu d'exposition mais aussi de recherche ».


TEXTE : Daphné Brottet




PHOTOS : © Hugo Aymar 




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12 novembre 2019

Rencontre avec Yasmina Benabderrahmane

DIE HECKE, 2008

Les étudiants de VIA FERRATA reçoivent régulièrement la visite d'un artiste qui vient présenter son parcours et son travail. Mardi 5 novembre ils ont rencontré Yasmina Benabderrahmane.

Ce que l’on voit, où ce qui est donné à voir serait ou ne serait pas véritablement ce que l’on voit.
" On peut alors se poser la question de savoir si dans mes photographies ou dans mes films, on ne se contente pas seulement de reproduire la réa- lité, l’acte même d’imager ou en quelques sortes si ces artifices créent toujours une fiction.
Le vrai, le faux, la réalité, l’apparence, les faux semblants, la mascarade: j’observe et sonde la force, les raisons profondes de l’objet représenté. Les images peuvent entretenir une confusion déstabilisante entre la réalité et sa représentation. Au-delà de la visibilité de l’image, il n’y à rien à voir puisque l’image concentre sur elle toute la visibilité.
Visible et invisible s’oppose non comme deux contraires logiques mais la vérité de l’un fait se révèle à la vérité de l’autre. Le simulacre ou l’illusion qui satisfait le regard en saturant le visible. L’image ne renvoie qu’à elle-même et bloque sur elle tout mystère — Eïdon (l’idée) et l’Eïdolon (l’image /phan- tasme). Cette idée prend forme par des détails ou fragments de corps, des séries de portraits qui relèvent des quotidiens, de portraits- paysages, d’objets, de restes, de gravats, d’ossements, d’espaces ou de lieu qui citeraient le corps sans le montrer."
Maîtresse d'oeuvre où le chantier à bras le corps, 2016

Dans la rigueur de l’expérimentation, Yasmina Benabderrahmane construit une œuvre doublement sensible et scientifique qui déjoue les points de signifiance du réel. Ses photographies et ses films forment, plus qu’une série, un véritable corpus actant d’un processus de recherche. A hauteur de son regard, le paysage du monde et des corps qui l’habitent, des fragments de nature, des éléments d’architecture ou de corps, qui du micro au macro, sont identiquement enregistrés. Difficile de parler de sujet à proprement parler, ou plutôt de prétexte, car précisément ces éléments n’en sont pas dans l’œuvre de Yasmina Benabderrahmane.
Sensibles, photo-sensibles, ces éléments apparaissent davantage comme des marqueurs, des structures d’enregistrement du monde. Précisément, l’appréhension du sujet disparaît au profit de l’expérience sensible; au profit de ce que ces éléments sont en tant que formes, plutôt qu’en tant que représentations.
Un processus qui définitivement prend le parti du tangible plutôt que de celui de la projection et des fantasmes qui lui sont associés. Le corps n'est pas ici un élément du romantique, mais toujours cruellement terrestre.
Aussi une dichotomie corps / paysage structure-t-elle l’œuvre de Yasmina Benabderrahmane, plaçant ainsi ces fragments sur le même plan physique, phénoménologique, de sujets devenus formes. Pour introduire peu à peu le sentiment de l’érosion qu’a subie la confiance même que nous portons à la seule expérience visuelle et en notre croyance acharnée en un réel signifiant. 

PORTRAIT-PAYSAGE, 2009

TEXTE : Leslie Compan 

Le Site Internet de Yasmina Benabderrahmane.


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04 novembre 2019

Workshop avec France Hervé


Du 21 au 25 octobre, les étudiants de VIA FERRATA ont participé à un Workshop intitulé Impromptus Performatifs, animé par France Hervé, chorégraphe, danseuse, comédienne et plasticienne.
 
Tout au long de son intervention, France Hervé a proposé aux étudiants de réaliser de courtes performances axées sur la mise en relation de disciplines et techniques variées. Ils ont été amené à incarner physiquement leurs travaux personnels, utilisés comme matériaux de départ. Dessins, peintures, sculptures ou photographies ont ainsi nourri ces performances.
Leurs corps-outils, métamorphosés, déployés dans l'espace, ont alors permis une lecture différentes des travaux d'origine et une ouverture vers d'autres possibilités créatives.






© Hugo Aymar  

Le Site Internet de France Hervé en cliquant sur ce lien.



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